Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)
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Quant aux Polonais de la rive droite, aux habitants de la Lithuanie, ils nous attendaient sans doute comme des libérateurs. On les verrait se lever à notre approche, venir à nous et nous frayer la voie. Napoléon attendait d'eux un signe d'intelligence et cherchait à le provoquer. Il témoignait d'une prédilection marquée pour tout ce qui était polonais; dès le matin, il avait attaché à sa personne plusieurs officiers de cette nation, comptant s'en servir comme d'intermédiaires avec leurs compatriotes de la rive droite, et s'étonnant qu'aucun de ces derniers ne se fût encore présenté. On finit par lui amener trois Lithuaniens, ramassés par hasard sur la rive gauche. C'étaient de pauvres gens, des serfs, d'aspect sordide et de visage obtus. Napoléon les fit interroger: savaient-ils que la liberté avait été accordée aux paysans du grand-duché? Espéraient-ils pareil bienfait? Souffraient-ils du régime russe? Aspiraient-ils à s'en affranchir? Comme les réponses tardaient, l'Empereur reprit vivement, en s'adressant aux interprètes: «Demandez-leur s'ils ont le coeur polonais 608.» Et pour se faire mieux comprendre, il joignait le geste à la parole, mettait la main sur son coeur. Interloqués et comme pétrifiés, les paysans restaient à le regarder, l'air hébété, sans mot dire. N'en pouvant rien tirer, il les congédia avec de douces paroles.