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Napoléon et Alexandre Ier (3/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)

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La hautaine sommation d'évacuer la Prusse avant tout accord sur le fond du litige, la demande de passeports présentée par Kourakine, lui fournissaient des motifs très suffisants. Après avoir volontairement laissé dormir ses griefs, il les relève aujourd'hui, s'en empare, s'en arme; il ramasse le gant et répond au défi. Mais sous quel prétexte, après avoir considéré à dessein les démarches qu'il incrimine comme le fait personnel d'un ambassadeur malavisé, va-t-il les attribuer au gouvernement russe lui-même, sans que ce gouvernement se soit expliqué, et les prendre pour l'expression préméditée d'une volonté hostile? La Russie venait de lui faciliter indirectement cette interprétation nouvelle. Elle n'avait point fait mystère des conditions posées dans son ultimatum; ses agents à l'étranger en avaient été instruits; ils en avaient parlé, sur un ton d'ostentation et de jactance; ils en avaient précisé le sens et souligné la portée. La presse s'emparait de ces dires; les journaux anglais reproduisaient, commentaient, approuvaient les exigences d'Alexandre, et toute l'Europe savait que le Tsar prétendait nous imposer, comme préliminaire indispensable d'une négociation, l'affranchissement de l'Allemagne et le retrait de nos troupes. Cette publicité donnée à l'injure la constate et l'aggrave, la rend insupportable, et c'est ce que le duc de Bassano, qui a rejoint le quartier général, doit faire ressortir dans une note de rupture, adressée à la Russie et communiquée à tous les cabinets de l'Europe 597.

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