← Table of contents
Napoléon et Alexandre Ier (3/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)

Reading edition

Ce parti ne se tint pas pour battu et se rattacha à un dernier espoir. En expliquant les raisons qui le faisaient incliner vers la France, le Roi avait formulé une réserve; reprenant un de ses thèmes favoris, il laissait entendre que tout changerait de face à ses yeux si l'Autriche, à l'exemple du Tsar, consentait à le protéger contre une attaque, à le soutenir sur sa gauche, et mettait un second étai à sa monarchie branlante. Hardenberg, qui se croyait des raisons pour ne point désespérer de l'Autriche, le prit au mot: il proposa d'adresser à Vienne un suprême appel, et le résultat de fiévreuses controverses fut en somme l'adoption d'un parti qui laissait tout en suspens, ne préjugeait rien et retardait encore la décision finale. Les conférences avec Saint-Marsan furent reprises le 6 novembre. Afin de pouvoir conclure avec la France, si le besoin s'en faisait absolument sentir, on entama une discussion plus sérieuse. En même temps, Scharnhorst dut se remettre en route et filer par la Silésie vers la frontière autrichienne. Voyageant avec plus de mystère encore que durant sa course précédente, évitant de s'acheminer directement à son but, déjouant l'espionnage français par des détours et des crochets, s'affublant d'un faux nom, se travestissant, se grimant de son mieux, il se glisserait subrepticement jusqu'à Vienne: là, il dévoilerait franchement aux Autrichiens l'embarras de la Prusse et l'horreur de sa position, confierait à leur discrétion les offres russes, dont il ferait sentir à la fois la valeur et l'insuffisance, et supplierait l'empereur François de consentir à un pacte de défense mutuelle entre les deux cours germaniques. La solution n'était plus à Pétersbourg, elle était à Vienne: c'est là que le chevalier errant de la bonne cause l'irait chercher 339.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings