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Napoléon et Alexandre Ier (3/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)

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La convention militaire de Pétersbourg, avec ses réticences et ses réserves, ne fit pas cesser les hésitations du Roi: elle le jeta au contraire dans d'affreuses perplexités. En août, s'il s'était jeté vers Pétersbourg avec quelque résolution, au lieu de se tourner vers la France, c'était que les dispositions présumées de Napoléon ne lui laissaient plus le choix. Supposant que l'Empereur ne le voulait point pour allié et méditait de le détrôner, il n'avait vu d'autre parti à prendre qu'un recours désespéré à la Russie. Maintenant, les offres assez précises de la France, en lui rendant l'option, renouvelaient son embarras: retrouvant la liberté de ses décisions, il semblait incapable d'en user, et l'on eût dit que choisir entre les deux voies qui s'ouvraient devant lui, à ce tournant suprême de sa destinée, excédât ses forces. Il ne croyait guère, il n'avait jamais cru à la possibilité de résister au vainqueur d'Iéna avec de sérieuses chances de succès. S'insurger contre l'invincible capitaine, avec l'appui même de quelques forces russes, ne serait-ce point courir à la mort? D'autre part, s'assujettir à Napoléon, ne serait-ce point la mort aussi, moins rapide sans doute, mais lente et ignominieuse? Les propositions de l'Empereur ne cachaient-elles point un piège, l'intention abominable de se faire livrer la Prusse pour la frapper ensuite sans défense, après s'être servi d'elle et l'avoir courbée à une avilissante besogne? N'apercevant dans chaque direction que sujets d'épouvante, Frédéric-Guillaume n'arrivait pas à distinguer de quel côté le péril était moindre, à se faire une opinion, à prendre un parti: «Ce serait presque à tirer au sort,--disait-il éperdu,--à moins que la Providence ne nous éclaire particulièrement 335.» Au milieu des combats intérieurs qui le déchiraient, sa tête se perdait, un vertige le prenait. Tandis que Saint-Marsan, sur la foi de renseignements trompeurs, le croyait rasséréné, confiant «et fort gai 336», l'infortuné monarque écrivait à Hardenberg, le 31 octobre: «Il me semble que je suis dans un accès de fièvre chaude: autour de moi, je vois de tous côtés s'ouvrir des abîmes 337.»

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