Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)
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À ce langage, Alexandre comprit que la Prusse lui mettait le marché à la main et ne lui laissait d'autre alternative que de venir à elle ou de l'avoir pour ennemie. Or, dans la guerre future, où Napoléon disposerait de masses énormes et posséderait incontestablement l'avantage du nombre, quatre-vingt à cent mille Prussiens, bien armés, bien munis, enflammés de patriotisme et de haine, n'étaient nullement pour les Russes un appoint à dédaigner. Puis, si le Tsar laissait cette force passer à l'ennemi, cette défection serait d'un fâcheux exemple et pourrait en entraîner d'autres; elle faciliterait la coalition dont Napoléon cherchait à envelopper son rival. Devant ces perspectives redoutables, Alexandre se sentit ému et fléchit; peu à peu, avec hésitation et regret, il consentit à modifier son plan encore une fois, se laissa ramener à l'idée de la marche en avant, en se réservant de ne point dépasser certaines limites. Il ne se refusa plus à signer avec la Prusse une convention militaire qui lierait les deux armées et associerait dans une certaine mesure leur fortune. Scharnhorst fut mis en rapport avec le ministre de la guerre Barclay de Tolly, avec le chancelier Roumiantsof; dans une série de laborieuses conférences, la convention fut longuement discutée, établie article par article et, le 17 octobre, enfin signée 334.