Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)
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Saint-Marsan s'applaudit de voir mettre à bas un de nos adversaires implacables: l'Empereur lui-même enregistre avec quelque satisfaction le rappel de Blücher: mais qu'apprend-il bientôt? Suivant les avis que fournit au duc de Bassano sa police particulière, la disgrâce de Blücher n'est que de pure apparence. À son arrivée dans la capitale, le Roi l'a parfaitement accueilli et l'a invité plusieurs fois à diner: on laisse la populace organiser en sa faveur des manifestations scandaleuses; quand il a paru «sous les Tilleuls» et s'est montré sur cette promenade chère aux Berlinois, il a été accueilli par des bravos, des acclamations, sous l'oeil complaisant de la police: tout ceci n'est sans doute que le prélude de sa rentrée en scène, de sa promotion à un commandement supérieur. Et Napoléon fulmine le billet suivant, daté de Düsseldorf et adressé au duc de Bassano: «Écrivez au comte Saint-Marsan qu'il doit empêcher le général Blücher d'être employé, et qu'il ne faut pas, puisqu'on nous a donné cette raison, le justifier ensuite et montrer par là de la mauvaise foi 325.» En vain Saint-Marsan explique-t-il que les renseignements fournis au duc sont fort exagérés, que Blücher a dîné une seule fois chez le Roi, que l'ovation sous les Tilleuls s'est réduite au salut réglementaire de quelques officiers, que le général se montre peu et passe ses journées au Casino à jouer au whist et à jouer petit jeu 326, Napoléon n'en persiste pas moins et avec toute raison à se défier de la Prusse et de ses hypocrites complaisances.