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Napoléon et Alexandre Ier (3/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)

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La crise devenait aiguë, l'embarras des Prussiens horrible. Ils avaient appris depuis peu de jours que Scharnhorst avait enfin reçu l'autorisation de franchir la frontière et de s'acheminer très mystérieusement vers Pétersbourg; à cette heure, il conférait sans doute avec le Tsar, il emportait peut-être la promesse d'une coopération sans réserve. Quand on semblait si près de s'entendre avec les Russes et de pouvoir compter sur leur arrivée, il en eût par trop coûté au Roi et à Hardenberg de se livrer à discrétion; ils prolongèrent le jeu infiniment dangereux qui consistait à promettre sans tenir. Hardenberg déclara que le Roi se soumettait à tout; on raconta à Saint-Marsan, on publia qu'ordre avait été donné pour l'abandon des travaux et le licenciement des hommes. En fait, les travaux furent suspendus à Spandau, ville située aux portes de Berlin et sous l'oeil de la légation française; sur tous les points où la vue de notre représentant ne pouvait s'étendre, ils continuèrent avec un redoublement d'ardeur, par la main d'ouvriers-soldats. Mais Saint-Marsan avait la confiance facile et la crédulité opiniâtre; charmé de ce qui se passait à Spandau, il conclut d'un fait isolé à une mesure d'ensemble, annonça que la Prusse rentrait dans l'ordre, resta à son poste, reprit avec Hardenberg et le comte de Goltz, ministre des affaires étrangères, de cordiaux rapports. Le public de Berlin, qui avait senti planer dans l'air un grand danger, vit avec joie s'éloigner l'orage, et la capitale prussienne, après quelques jours d'angoisse et de fièvre, retomba à sa morne langueur 320.

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