Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)
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Par lettre autographe, Frédéric-Guillaume fit connaître à Napoléon qu'il renonçait à créer quarante-huit bataillons nouveaux et à renforcer les régiments de seize hommes par compagnie. Effectivement, cette mesure fut contremandée, mais la mobilisation se poursuivit sous une autre forme. Les ouvriers employés aux travaux des places, à la création des camps retranchés, étaient presque tous d'anciens militaires ou de jeunes soldats non encore réincorporés; on les avait requis pour ce service d'État; c'était un moyen de les avoir sous la main et de pouvoir les enrégimenter au premier signal. Ce mode d'appel fut maintenu. Tout un monde de paysans, d'hommes du peuple, continua à s'agglomérer autour des places, à fourmiller sous les murs de Spandau, de Colberg, de Graudentz et de Neisse; on les y occupait à réparer les ouvrages, à en construire de nouveaux, à remuer des terres, à élever des remparts, en les soumettant déjà à la discipline militaire et en les astreignant à des exercices. La Prusse ressemblait à un vaste atelier, en attendant qu'elle devînt un camp. Pour se changer en soldats, les travailleurs n'auraient qu'à jeter la pelle et la pioche, à prendre le fusil, à échanger leur blouse contre la capote d'uniforme; en un clin d'oeil, leurs innombrables équipes se transformeraient en escouades, en compagnies, en bataillons, et feraient une armée, destinée à doubler celle que la Prusse était légalement autorisée à tenir sous les drapeaux 318.