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Napoléon et Alexandre Ier (3/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)

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De tous les événements susceptibles de se produire avant son duel avec la Russie, aucun ne pouvait lui être plus déplaisant qu'une résurrection de la puissance prussienne, se dressant entre lui et l'ennemi à atteindre. Satisfait de la nullité absolue à laquelle il croyait avoir réduit la Prusse, il ne songeait point à la détruire, et le plan qu'il s'était tracé à lui-même le 16 août porte témoignage de son intention d'écouter cette cour, lorsqu'il jugerait le moment opportun, et de l'admettre à son service. L'alliance qu'il comptait lui accorder et lui imposer serait toutefois d'un genre particulier. Il ne demanderait pas à Frédéric-Guillaume une coopération active, la mise à sa disposition d'armées nombreuses: il se contenterait d'un contingent modeste qu'il entraînerait dans le Nord moins à titre d'auxiliaire que d'otage. Ce qu'il voulait de la Prusse, c'était un concours passif, une docilité inerte. Il lui demanderait de s'ouvrir et de se livrer intégralement à nos troupes, de se laisser passer sur le corps, de nous abandonner ses places, ses provinces, ses routes, ses moyens de communication et de transport, ses ressources de tout genre, avec faculté d'en disposer librement. Sans prétendre à une dépossession définitive, Napoléon jugeait qu'une expropriation temporaire importait à la sécurité de sa marche et de ses opérations. En supprimant momentanément la Prusse, il se ménagerait une surface parfaitement plane et unie, libre d'obstacles et d'embûches, pour aller à la Russie et faire couler jusqu'au Niémen, «comme un fleuve rapide 315», le torrent de ses troupes.

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