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Napoléon et Alexandre Ier (3/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)

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L'audace de ces hommes ne connut plus de bornes, dès qu'ils furent débarrassés de Spéranski, et ils se remirent à leur besogne de machinations internationales avec une ardeur furibonde. Les passions, les inimitiés qui nous divisent actuellement paraissent pâles et mesquines à côté de ces haines forcenées, à côté de ces colères grandioses qui absorbaient toute une vie. Armfeldt avait monté d'un bout à l'autre de l'Europe une diplomatie occulte. Il faisait appel aux patriotes allemands, aux Français qu'une honorable fidélité au malheur retenait loin de leur pays, aux irréconciliables de l'émigration; mais il s'adressait aussi à tous les déçus, à tous les envieux, aux aventuriers en disponibilité, aux traîtres qui avaient manqué leur coup, et, remuée par lui, cette vermine recommençait à grouiller. Il écrivait à d'Antraigues et s'efforçait de réveiller le zèle de ce conspirateur lassé 465; il écrivait à Dumouriez, qui lui répondait en proposant pour modèle de la lutte future «la guerre des Scythes contre Darius 466». Le vieux Serra-Capriola, ministre à Pétersbourg de l'ex-roi des Deux-Siciles, se chargeait d'agiter l'Italie. Loewenhielm obtenait à l'envoyé des Cortès insurrectionnelles un accès officiel en Russie, reliait les efforts de l'Espagne aux opérations du Nord 467. Bernadotte était le plus enragé à nous nuire. Tout en faisant aux ouvertures de Napoléon une réponse vaguement conciliante, car il jugeait bon de lui «débiter des phrases qui le laisseraient dans le doute 468», il entreprenait contre nous les multiples opérations dont il avait par avance tracé le programme. Il pressait le rapprochement entre la Russie et la Grande-Bretagne, tâchait de moyenner à Constantinople une paix d'où pourrait sortir une guerre des Turcs contre la France; il travaillait à Berlin, travaillait à Vienne; pour agir sur l'Autriche, il faisait écrire à l'archiduc Charles, parlant à l'amour-propre de ce prince et cherchant à tenter ses ambitions: «Si les choses vont comme il y a lieu de l'espérer, il y aura trois ou quatre trônes vacants ou à créer...; celui de l'Italie paraît fait pour fixer son attention.»--«Enfin, disait Bernadotte, j'ai tâché de le monter: je ne sais quel en sera l'effet 469.»

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