Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)
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Que s'était-il passé entre ces deux hommes? L'entretien resta longtemps mystérieux; ce fut Alexandre qui plus tard souleva le voile: il dit à Novossiltsof que Spéranski n'avait jamais été traître, mais seulement coupable d'avoir payé sa confiance et son amitié par l'ingratitude la plus noire, la plus abominable; qu'en même temps ses écarts et ses imprudences l'avaient mis en suspicion grave auprès du public: aussi, ajouta-t-il, lui ai-je dit en l'éloignant de ma personne: «En tout autre temps, j'aurais employé deux années pour vérifier avec la plus grande attention tous les renseignements qui me sont parvenus concernant votre conduite et vos actions. Mais le temps, les circonstances ne me le permettent pas en ce moment. L'ennemi frappe à la porte de l'empire, et dans la situation où vous ont placé les soupçons que vous avez attirés sur vous par votre conduite et les propos que vous vous êtes permis, il m'importe de ne pas paraître coupable aux yeux de mes sujets, en cas de malheur, en continuant de vous accorder ma confiance, en vous conservant même la place que vous occupez. Votre situation est telle que je ne vous conseillerai même pas de rester à Pétersbourg ou dans la proximité de cette ville. Je joue gros jeu, et plus il est gros, d'autant plus vous risqueriez en cas de non-réussite, vu le caractère du peuple auquel on a inspiré de la haine et de la méfiance pour vous 463.» Spéranski avait choisi pour lieu d'exil Nijni-Novgorod.