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Napoléon et Alexandre Ier (3/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)

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Dans cette passe dangereuse, il paya d'audace: il connaissait le chemin qui menait au cabinet de l'Empereur et le prit dès le lendemain. Aux premiers mots du prince, ses appréhensions s'évanouirent: «Du moment, lui dit Alexandre, que vous avez les pleins pouvoirs nécessaires pour conclure et signer, je signerai ici; personne n'est plus jaloux que moi de terminer notre alliance 453.» Et il laissa entendre que l'expédient dilatoire imaginé par le chancelier n'était nullement de son goût. Il affecta toutefois, avec un tact parfait, de ne pas mettre en doute le bon vouloir de son ministre. Si Roumiantsof soulevait des difficultés de protocole, c'était chez lui pur formalisme et habitude de carrière: «Que voulez-vous? Il a ses vieilles formes diplomatiques, qui m'ennuient souvent. On reste toujours ce qu'on est. Un cordonnier reste cordonnier; un diplomate, diplomate. Mais nous sommes militaires et nous aimons à aller vite et loyalement en besogne.» Loewenhielm s'en fut sur-le-champ porter à Roumiantsof, avec le plus profond respect, l'expression de la volonté souveraine. «L'Empereur est bien le maître», dit le ministre d'un ton vexé; mais il se ressaisit aussitôt, reprit son masque officiel et, faisant à mauvaise fortune bon visage, se répandit en assurances sur son «désir à lui de terminer avec toute la diligence possible». Le 5 avril, le traité était mis au point et signé.

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