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Napoléon et Alexandre Ier (3/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)

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À Paris, l'hiver était exceptionnellement animé et brillant. L'Empereur l'ayant désiré tel, chacun s'était conformé à ce voeu interprété comme un ordre; chez les dignitaires, c'était une émulation à recevoir: les fêtes se succédaient, soirées, concerts, bals chez l'archichancelier et le prince de Neufchâtel, bals masqués chez le comte Marescalchi, bals dans les ministères et les ambassades 413. L'imminence des hostilités ne faisait qu'accroître dans certains milieux cette animation. Chez l'aristocratie ralliée, chez la jeunesse du faubourg Saint-Germain, la guerre était populaire: cette brillante élite, entrée depuis peu au service et commençant à peupler les états-majors, voyait avec plaisir s'annoncer une campagne qui lui donnerait sa part de gloire, qui lui permettrait d'égaler les vieux soldats de la Révolution, les héros plébéiens: ce serait sa guerre à elle: s'y préparant ouvertement, elle voulait la faire commodément et avec luxe, se commandait de somptueux équipages qui encombraient les routes d'Allemagne et se figurait l'expédition de Russie «comme une grande partie de chasse de six mois 414». Quel contraste entre cette ardeur et la désolation des autres classes! Là, c'étaient de plus pesantes angoisses, un redoublement de maux: la disette déclarée dans plusieurs provinces: à Paris, le pain rare et hors de prix; en Normandie, des séditions d'affamés, où le sang avait coulé. Les levées nouvelles suscitaient des résistances plus marquées, des mutineries, des désordres: dans chacun des cent vingt départements, des colonnes de gendarmerie mobile poursuivaient les conscrits réfractaires et faisaient la chasse aux hommes: de tous les points du territoire, à travers les adulations officielles, montaient vers l'Empereur le sourd murmure des générations exténuées et la plainte des mères.

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