Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)
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Après avoir jeté sur le papier ces virulentes paroles, Napoléon réfléchit. Un tel langage sentait la poudre: il risquait de dénoncer l'imminence des hostilités et de contrarier l'oeuvre d'ensommeillement à laquelle l'Empereur vouait tous ses soins, et l'on sait avec quelle incroyable intensité d'attention, lorsqu'il s'était proposé un but, il lui rapportait et lui sacrifiait tout. Il se ravisa donc et se retint, suspendit l'expression de sa colère: la note ne fut pas remise et resta en portefeuille. Le duc de Bassano, assiégé par Kourakine de visites et de questions, affecta d'abord de ne rien savoir quant au sort de Wustinger. Après quelques jours, prenant un air de confidence et de gravité, posant un doigt sur ses lèvres, il dit au prince en substance: Votre concierge n'est pas perdu; on a dû l'arrêter, parce qu'il se trouve impliqué dans un complot dirigé contre la sûreté de l'État et qu'il a été pris en flagrant délit. La justice est saisie et informe; ses opérations se poursuivent méthodiquement, silencieusement, avec la discrétion convenable; respectons ce mystère: aussitôt que j'aurai des renseignements sûrs, je ne manquerai pas à vous les communiquer 383.