Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)
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Impatienté de ces doléances, Napoléon se sentit tenté d'abord de fermer la bouche à Kourakine en lui mettant brusquement sous les yeux toute l'affaire. En réplique à l'ambassadeur, il ordonna de préparer une note portant plainte officielle contre Tchernitchef et stigmatisant sa conduite. Il dicta lui-même cette note, la fit âpre et très belle, vibrante d'une indignation justifiée. «Sa Majesté, écrivit-il, a été péniblement affectée de la conduite de M. le comte Tchernitchef; elle a vu avec étonnement qu'un homme qu'elle a toujours bien traité, qui se trouvait à Paris, non comme un agent politique, mais comme un aide de camp de l'empereur de Russie, accrédité par une lettre auprès de l'Empereur, ayant un caractère de confiance plus intime même que celui d'un ambassadeur, ait profité de ce caractère pour abuser de ce qu'il y a de plus sacré parmi les hommes. Sa Majesté se flatte que l'empereur Alexandre sera aussi péniblement affecté qu'elle de reconnaître dans la conduite de M. de Tchernitchef le rôle d'un agent de corruption, également condamné par le droit des gens et par les lois de l'honneur. Sa Majesté l'Empereur se plaint que, sous un titre qui appelait la confiance, on ait placé des espions auprès de lui et en temps de paix, ce qui n'est permis qu'à l'égard d'un ennemi et en temps de guerre; il se plaint que les espions aient été choisis, non dans la dernière classe de la société, mais parmi les hommes que leur position attache aussi près du souverain 382.»