Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)
Reading edition
Grâce à cette célérité discrète, la concentration sera fort avancée, lorsque l'écho de nos premiers pas retentira en Russie. Il importe que pour cette époque notre ambassadeur à Pétersbourg soit en mesure de réfuter jour par jour les craintes que l'on ne manquera pas d'exprimer, qu'il ait réponse à tout et ne reste jamais à court d'explications, qu'il soit fourni en abondance d'arguments spécieux, bien imaginés, propres à faire illusion. Le 18 février, une longue instruction ministérielle lui est adressée. Cette pièce dénote chez le gouvernement français une fécondité d'artifices inépuisable; elle suggère à Lauriston des expédients divers, suivant que nos troupes parcourront tel ou tel stade de leur carrière, met une gradation dans la duplicité: c'est tout un cours de dissimulation progressive, se déroulant à travers quinze pages d'une fine écriture: jamais la diplomatie n'aurait été plus audacieusement réduite à l'art de farder la vérité, si cette fausseté n'avait trouvé à l'avance son pendant dans l'hypocrisie caressante avec laquelle Alexandre avait préparé en 1811 la surprise de Varsovie et l'envahissement de l'Allemagne 371.