Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)
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Si ingénieux que fût son plan de pacification, il n'en était pas moins chimérique. Napoléon n'aurait jamais souscrit à un accord qui n'eût pas ramené et emprisonné la Russie dans le système continental. De plus, tenant l'Autriche, il se fût estimé bien naïf de la remettre lui-même en rapport avec Alexandre. Mais il n'eut pas à décliner les propositions de Nesselrode. À supposer qu'il y ait eu un instant chez le Tsar désir réel de traiter, ce ne fut qu'une fugitive velléité. Les influences les plus opposées concoururent d'ailleurs à la dissiper. Armfeldt et son groupe la taxaient d'insigne faiblesse. Roumiantsof aspirait de tout son coeur à la paix, mais n'admettait pas que la réconciliation s'opérât par un autre intermédiaire que lui-même: jaloux de Nesselrode, en qui il flairait un aspirant ministre, un candidat à sa succession, il paraît avoir déconseillé son envoi. Alexandre se laissa facilement détourner d'une tentative à laquelle il se prêtait à contre-coeur. Très vite, il devint de toute évidence que l'annonce de la négociation n'était plus qu'un leurre, un vain simulacre, destiné à empêcher une diversion française au profit de la Turquie. En novembre et en décembre, on continua d'entretenir continuellement Lauriston de la mission projetée; on la lui présentait comme chose décidée et certaine; seulement, on la retardait sans cesse, on l'ajournait sous divers prétextes. Nesselrode semblait toujours à la veille de partir et ne partait jamais 361.