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Napoléon et Alexandre Ier (3/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)

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La victoire remportée par les Russes sur le Danube semblait produire l'effet prévu par Napoléon: le grand vizir, échappé presque seul du désastre et réfugié à Rouchtchouk, avait fait porter aussitôt à Kutusof des paroles de paix: il avait ouvert des conférences, tandis qu'il demandait à Constantinople instructions et pouvoirs. Cette paix que les Russes avaient espéré surprendre discrètement par l'entremise de l'Angleterre, elle leur venait ainsi avec éclat: elle leur arrivait presque assurée, mais l'évidence même de cette solution n'était-elle point pour la compromettre? Alexandre savait de quel oeil vigilant et anxieux Napoléon suivait les péripéties de la campagne, quel prix il attachait à la prolongation d'une lutte qui divisait les forces de la Russie. En voyant les Turcs s'affoler sous le coup de la défaite et se jeter éperdument à une négociation, à quelles violences ne se laisserait-il point emporter pour les détourner de conclure, pour leur rendre du coeur, pour empêcher une paix éminemment préjudiciable à sa politique! Il allait peut-être pousser en Allemagne le gros de ses forces, occuper la Prusse, attaquer ou menacer ouvertement la Russie et, par ce secours indirect aux Ottomans, déranger gravement les opérations de la diplomatie moscovite sur le Danube. Ce fut vraisemblablement pour l'immobiliser, pour prévenir de sa part «des démonstrations prématurées 356», pour le mettre dans l'impossibilité morale de marquer dès à présent un pas de plus vers le Nord, que l'empereur Alexandre se disposa à un essai de conciliation, à une réouverture des pourparlers: quel qu'en dût être le résultat, il gagnerait au moins le temps de terminer sa querelle avec les Turcs et d'assurer son flanc gauche.

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