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Napoléon et Alexandre Ier (3/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)

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L'Empereur ne se borna pas à des véhémences de parole et à de rigoureuses prescriptions pour l'avenir. Au-dessous du ministre qu'il n'entendait point découvrir aux yeux du public et sacrifier, il voulut trouver des coupables à punir. Il tint à savoir qui avait rédigé l'article: on lui nomma Esmenard, aventurier de lettres, retraité dans l'administration de la police, où il exerçait les fonctions de censeur: c'était la plume habituée à biffer impitoyablement chez autrui tout passage suspect qui s'était risquée à tracer, dans une feuille officieuse, de suprêmes inconvenances. Un fait plus singulier, resté dans l'ombre à cette époque, achève de caractériser et de juger le personnage. Esmenard s'employait à démasquer les espions, mais ne négligeait pas à l'occasion de les servir. Il entretenait des relations plus que suspectes avec certaines légations et faisait volontiers commerce de papiers d'État: il paraît avoir conclu avec Tchernitchef lui-même quelques affaires de ce genre. Seulement, trompant l'agent russe sur la qualité de la marchandise vendue, il lui annonçait des documents authentiques et les lui produisait faux 179. Il vivait ainsi de méfaits divers, dans une impunité tranquille: ce fut un excès de zèle qui le perdit, et l'article du 12 avril lui fut fatal. L'Empereur le cassa aux gages et l'envoya réfléchir à quarante lieues de Paris sur l'inconvénient de trop bien servir les rancunes ministérielles 180. Le rédacteur en chef du journal, Étienne, fut pour trois mois suspendu de ses fonctions.

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