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Napoléon et Alexandre Ier (3/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)

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Durant toute cette période, Alexandre sut garder, avec un tact parfait, l'attitude convenable à un ami justement froissé, méconnu et menacé, qui se tient à l'écart par dignité et néanmoins ne demande qu'à revenir, pourvu qu'on fasse vers lui le premier pas. Il traitait notre ambassadeur avec égards, avec distinction, mais ne dissimulait point que les attaques de la presse française contre Tchernitchef, que les paroles de l'Empereur au conseil de commerce l'avaient blessé au coeur. Il s'exprima en fort bons termes sur la naissance du roi de Rome, manifesta la part qu'il prenait au bonheur de la France, sans dépasser certaines limites. Pour célébrer l'événement, Caulaincourt avait eu l'idée de donner un grand bal, une fête qui ferait époque dans les fastes de Pétersbourg, et de réunir toute la société dans son hôtel splendidement décoré à l'intérieur et à l'extérieur. L'autorité russe lui prêta obligeamment son concours pour les dispositions à prendre, mais le Tsar fit savoir qu'il ne pourrait assister à la fête dans les circonstances présentes: si on le priait officiellement, il accepterait l'invitation, mais, à moins qu'il ne vînt d'ici là quelque chose «d'amical et de rassurant, il serait malade le jour de la fête». «Quelle figure ferais-je, disait-il à Caulaincourt, aux yeux de l'Europe, de ma propre nation, en allant danser chez l'ambassadeur de France pendant que les troupes françaises marchent de toutes parts?... Donnez la fête sans moi, ne me priez pas. Toutes les facilités pour qu'elle soit belle et au-dessus de tout ce qui a été fait et de ce que les étrangers peuvent faire, vous les avez eues. Ou bien attendez quelques jours. Que l'Empereur me prouve par ce qu'il dira à Kourakine ou à Tchernitchef, par ce qu'il fera, qu'il tient réellement à moi et à l'alliance, et j'irai avec un grand empressement chez vous, car je n'ai d'autre désir que de donner à l'Empereur et à votre pays des marques d'amitié. De mon côté, je vous assure qu'il ne me restera pas une arrière-pensée, pas un souvenir sur les circonstances actuelles, et que je replacerai tout, dès que vous le voudrez franchement, dans l'état d'alliance et d'amitié 221.»

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