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Napoléon et Alexandre Ier (3/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)

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Par des dépêches presque quotidiennes, Bignon signalait à son gouvernement ces angoisses et les notait au jour le jour; il transmettait tous les documents en bloc, sans prendre le temps d'opérer dans ce fatras un triage et de démêler le vrai du faux, hésitant encore à formuler une appréciation d'ensemble et à porter un jugement 187. Quant à Poniatowski, voyant les semaines s'écouler sans amener de détente, effrayé de sa responsabilité, il ne se bornait plus à informer notre légation: c'était à l'Empereur même qu'il voulait aller et parler, dût-il quitter un instant son poste pour chercher du renfort. Il venait de se faire désigner comme envoyé extraordinaire et complimenteur officiel à l'occasion de la naissance du roi de Rome; cette mission lui serait un prétexte pour accomplir à Paris un rapide voyage. En attendant, il répandait partout l'alarme, et, depuis Varsovie jusqu'à l'Elbe, l'inquiétude gagnait de proche en proche: la cour de Dresde s'affolait: à Vienne, il n'était bruit que de l'apparition imminente des Russes au bord de la Vistule; à Hambourg, l'imperturbable Davout n'échappait plus aux atteintes de l'émotion ambiante. Il admettait maintenant la possibilité «d'un événement 188», demandait des ordres, traitait moins les craintes des Polonais d'hallucinations et de rêveries. Au reste, des renseignements de toute provenance s'accordent à prouver que ces fous ont mieux vu que les sages, que la Russie a réuni et persiste à diriger contre eux toutes ses forces. Il résulte d'avis multiples que les troupes rappelées de Finlande et de Turquie ont rejoint sur le Bug et le Dniester la masse principale, que celles d'Odessa et de Crimée refluent maintenant dans la même direction: il n'est pas, suivant quelques rapports, jusqu'à la Sibérie qui n'envoie ses lointaines réserves 189. A l'aspect de la puissance russe continuant à se replier et à se ramasser sur elle-même comme pour prendre un subit élan, qui pourrait affirmer que l'empereur Alexandre a totalement abandonné ses projets, qu'il n'est pas à la veille d'un nouvel entraînement? Le duché et ses entours, les deux rives de la Vistule, les approches de Dantzick, tous les pays dont se compose notre première ligne de défense, restent en péril d'invasion.

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