Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)
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«On pourrait cependant les tranquilliser en leur rappelant une anecdote connue. Le prince Potemkin, qui, de son temps, donnait aussi de l'exercice à l'imagination des nouvellistes, avait parmi ses officiers un major nommé Bawer, l'un des hommes du dernier siècle qui ont le plus occupé les gazetiers d'Allemagne et les postillons de Russie. On le voyait sans cesse sur les routes les plus opposées, courant de l'embouchure du Danube à celle de la Néva, et de Paris aux confins de la Tartarie. Les politiques de café, témoins de tous ces mouvements, rêvaient déjà la renaissance de l'ancienne Grèce, le rétablissement du royaume de Tauride, la conquête de Constantinople, ou même quelques-unes de ces grandes émigrations du Nord qui jadis couvraient de ruines l'occident et le midi de l'Europe. Veut-on savoir quelles étaient les missions secrètes du major Bawer? De retour de Paris, où il venait de choisir un danseur, le prince l'envoyait chercher de la boutargue 176 en Albanie, des melons d'eau à Astrakan ou des raisins en Crimée. Cet officier, passant sa vie sur les grands chemins, craignait de s'y rompre le cou et demandait une épitaphe: un de ses amis lui fit celle-ci, qui pourra servir à quelques-uns de ses successeurs: