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Napoléon et Alexandre Ier (2/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier

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Bien que les fêtes parussent absorber tous les instants, la politique ne fut pas totalement absente du voyage; elle eut sa part dans les entretiens entre le Tsar et le Roi, mais Alexandre, loin de se montrer disposé à entrer contre nous dans de nouveaux accords, ne fit entendre à ses hôtes que des conseils de résignation. S'il ne renonçait pas à obtenir de Napoléon des adoucissements à leur sort, s'il ne cessait de réclamer pour eux justice et pitié, il les exhortait en même temps à se plier momentanément aux exigences du vainqueur. Il ne leur défendait pas d'espérer des jours meilleurs, mais les suppliait de ne point compromettre l'avenir par des révoltes inutiles et prématurées. Suivant certains témoignages, il serait allé plus loin: «Si j'en crois, écrivait Caulaincourt, une personne assez digne de foi et qui m'a assuré l'avoir entendu, à un dîner chez l'Impératrice mère et devant elle en prenant le café, l'Empereur causant avec le roi de Prusse lui aurait dit que la géographie autant que la raison voulaient que la Prusse se rattachât comme autrefois au système de la France. N'a-t-on pas composé cela pour moi 45?» Si justifié que puisse paraître en cette occasion le scepticisme de l'ambassadeur, il est certain qu'Alexandre laissa repartir le Roi et la Reine comblés de «toutes les délicatesses de l'amitié 46», mais nullement encouragés à se mêler, quoi qu'il pût arriver, aux agitations de l'Allemagne 47. Comme il avait rencontré chez Frédéric-Guillaume une docilité accablée, comme d'autre part le caractère alarmant des mesures prises par l'Autriche lui échappait toujours, il s'imagina une fois de plus avoir assuré la paix continentale et retourna à sa quiétude.

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