Note (retour) — ALEXANDRE Ier
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Il fut le seul des ministres étrangers à les recevoir, à leur donner un grand bal, dans son hôtel paré avec un luxe de fleurs qui donnait en plein hiver russe l'illusion du printemps, et ce lui fut une occasion d'attirer à l'ambassade le monde officiel au complet, de faire défiler «toute la terre» devant le portrait de Napoléon 36. Dans cette circonstance, il se montra environné d'une véritable cour, formée par les représentants des États feudataires de la France: chacun d'eux avait accepté de l'assister dans ses devoirs de maître de maison, et présida une table au souper de quatre cents couverts, dont les merveilles dépassèrent tout ce qu'on avait vu de plus beau et de plus réussi en ce genre. La Reine fut traitée avec la plus respectueuse déférence: elle éprouvait toutefois, en présence de Caulaincourt, une gêne insurmontable; devant lui, c'est à peine si elle osait parler aux personnes convaincues d'hostilité envers la France: elle s'observait beaucoup et gardait soigneusement le secret de ses tremblantes révoltes 37.