Note (retour) — ALEXANDRE Ier
Reading edition
Déjà et par avance, Napoléon annonce et répand qu'il est sûr de la Russie, que cette cour marche à sa suite, qu'elle envisage la situation comme lui et s'unira à tous ses mouvements. Dans chacune des lettres qu'il dicte pour ses frères, pour son beau-fils, pour les souverains allemands, il associe Alexandre aux sentiments qu'il exprime et lui fait contresigner ses violentes diatribes contre la maison d'Autriche. Il mande à Eugène: «Les nouvelles que je reçois de tout côté me disent que l'Autriche remue; la Russie est aussi indignée que moi de toutes ces fanfaronnades»; à Jérôme: «L'empereur d'Autriche, s'il fait le moindre mouvement hostile, aura bientôt cessé de régner: voilà ce qui est très clair. Quant à la Russie, jamais nous n'avons été mieux ensemble.» Il écrit au roi de Saxe: «Je prie Votre Majesté de me dire ce qu'elle pense de cette folie de la cour de Vienne. La Russie est indignée de cette conduite et ne peut la concevoir.» S'adressant au roi de Wurtemberg, il parle à la fois en son nom et en celui du Tsar: «Nous ne pouvons rien concevoir, dit-il, à cet esprit de vertige qui s'est emparé de la cour de Vienne 23.» Il emplit le monde du bruit de ses effusions avec la Russie, espérant que l'écho va en retentir à Vienne et y porter l'épouvante. Avec une audacieuse assurance, il s'arme contre l'adversaire qu'il veut intimider des résolutions supposées d'Alexandre: avant de les connaître, il les préjuge et les publie.