Note (retour) — ALEXANDRE Ier
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Il invite donc son plénipotentiaire aux conférences d'Altenbourg à s'enfermer jusqu'à nouvel ordre dans des généralités. Sans doute, il est bon dès à présent de convenir d'un principe, de faire choix d'une base, de déterminer combien de territoires l'Autriche devra céder, sans rechercher quels seront et où seront situés ces territoires. M. de Champagny aura d'abord à se réclamer de l'uti possidetis: l'Empereur, dira-t-il, se juge en droit d'obtenir une masse de pays égale en superficie, en population, aux provinces qu'il détient actuellement du fait de la victoire et de la conquête. À cette prétention exorbitante, les Autrichiens opposeront vraisemblablement une offre réduite, mais non moins générale; grâce à des concessions réciproques, les parties pourront se rapprocher, tomber d'accord sur un chiffre moyen, sur une somme totale de territoires et de populations qui resteront à spécifier individuellement dans la suite, s'entendre, en un mot, sur la quantité sans s'occuper de la qualité. C'est là le terrain où il faut que notre mission se place et se tienne opiniâtrement, en ayant garde de se laisser surprendre ou même prêter une seule parole qui soit de nature à nous nuire auprès de la Russie. Napoléon exige que procès-verbal soit tenu de tout ce qui se dira aux conférences: des protocoles seront soigneusement rédigés et, communiqués à Pétersbourg, feront foi au besoin contre des imputations mensongères et des «bavardages» intéressés 161. Au reste, en toute matière, Champagny devra peu parler, laisser venir l'adversaire, et ne point craindre que la négociation traîne. «Évitez de paraître pressé», tel a été le dernier mot de l'Empereur en l'envoyant à Altenbourg 162. Établi au cœur de l'Autriche, recevant des renforts, consolidant chaque jour sa position militaire, épuisant les ressources des ennemis par une occupation prolongée de leurs provinces, «mangeant et buvant à leurs dépens 163», il ne voit aucun inconvénient à prolonger le débat, et son vœu est de gagner du temps jusqu'à ce que la Russie lui ait fourni l'un des éléments indispensables de sa décision 164.