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Napoléon et Alexandre Ier (2/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier

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Napoléon était résolu à ne dresser le plan de sa paix avec l'Autriche qu'en tenant compte dans une certaine mesure des répugnances et des appréhensions d'Alexandre. Sans doute, il posait en principe que le vaincu devait souscrire à d'amples cessions de territoires, en même temps qu'à une réduction de ses effectifs militaires et à une lourde indemnité. Pour la détermination des pays dont il aurait à se saisir, l'Empereur hésitait entre deux modes de procéder 154. Il pourrait rétrécir et diminuer le territoire ennemi sur ses différentes faces, prendre partout, en Basse-Autriche, sur l'Adriatique, en Bohême, en Pologne, et entaillant toutes les frontières de la monarchie, la laisser ouverte et démantelée. Il pourrait aussi, au lieu de pratiquer sur le corps du vaincu de multiples incisions, l'amputer totalement d'un membre, séparer de l'empire autrichien l'un des pays, l'une des nations qui formaient cet assemblage composite. En ce cas, la partie à détacher semblait toute désignée: il fallait la reconnaître dans cette Galicie qui s'était ranimée d'une vie propre. D'ailleurs, que l'Empereur s'arrêtât au premier ou au second système de paix, c'était toujours en Galicie que l'Autriche aurait à supporter les plus gros sacrifices. Napoléon se jugeait intéressé d'honneur à ne point replacer sous le joug, à ne point livrer aux rigueurs de leur ancien maître des peuples qui s'étaient fiés en lui et compromis pour sa cause. En leur assurant un régime moins dur, il s'attacherait pour jamais une nation ardente et dévouée; il ajouterait cette vivante matière à tous les éléments dont il avait composé sa puissance. Partout ailleurs, l'empire napoléonien ne gagnerait que des terres; en Galicie, il s'annexerait des âmes, prêtes à s'unir indissolublement à lui par les liens de la reconnaissance. Napoléon se faisait donc une loi de détacher la Galicie des possessions autrichiennes, en totalité ou au moins pour une notable partie. Seulement, que ferait-il de la Galicie? C'était ici que le désir de ménager Alexandre, de ne point heurter de front les susceptibilités de la Russie, gênait et ralentissait ses décisions.

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