Note (retour) — ALEXANDRE Ier
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Supplié d'agir, Souvarof n'opposa longtemps aux ardentes instances de Poniatowski qu'un langage glacé: à la fin, il promit de faire avancer l'une de ses brigades au delà du San, pour prolonger et appuyer l'aile gauche des Polonais, déborder et tourner la droite autrichienne. Le mouvement commença; des préparatifs de passage avaient été faits, un pont jeté, quand un grand trouble se manifesta tout à coup dans l'esprit du général Sievers, qui commandait la brigade; on était un lundi, jour réputé défavorable chez les Russes; il fallait se garder de rien tenter sous de si fâcheux auspices; l'opération annoncée fut remise au lendemain. Le lendemain, il se trouva que le général Sievers avait égaré sa croix de Saint-Georges, nouveau signe d'en haut, avertissant les Russes de ne point tenter la fortune: la brigade resta sur place. Poniatowski se sentit abandonné et trahi; la rage au cœur, il donna le signal de la retraite et ramena son armée derrière le San, puis courut de sa personne à Lublin, où se trouvait le quartier général de Galitsyne. En s'éloignant, il entendait les coups de canon de plus en plus espacés que tirait Sandomir aux abois et qui signalaient l'agonie de la place 136.