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Napoléon et Alexandre Ier (2/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier

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Alexandre affirmait d'ailleurs une fois de plus que ses troupes allaient marcher, qu'il avait réitéré l'ordre de passer la frontière, «ne fût-ce qu'avec une patrouille 122»; il sentait que de nouvelles lenteurs n'auraient plus d'excuse, car la guerre de Suède touchait à sa fin, la régence de Stockholm demandait à traiter, et la pacification du Nord, à laquelle Caulaincourt travaillait de son mieux, allait rendre à la Russie une armée de plus. Par malheur, en admettant que le Tsar mît quelque empressement à regagner le temps perdu, il était trop tard pour que son armée pût arrêter l'impulsion donnée aux Polonais et aussi contribuer avec efficacité au succès de nos opérations. À ce moment même, la lutte entre Napoléon et l'Autriche touchait à sa période décisive, et le concours de la Russie nous manquait en ces heures critiques. La fin de mai arrivait; six semaines s'étaient écoulées depuis le premier coup de canon. En cet espace de temps, à supposer que les Russes eussent agi dès le début, avec promptitude et bonne foi, ils eussent pu occuper, traverser la Galicie, disperser ou refouler l'armée du prince Ferdinand, puis, entraînant les Polonais à leur suite, atteindre et dépasser Cracovie, se diriger sur Olmütz et paraître en masse imposante au nord de la Moravie. Or, c'était dans la partie méridionale de cette province, dans la plaine de Marchfeld, derrière le Danube, tout près de Vienne, que l'archiduc Charles faisait front aux Français et avait concentré sa résistance. Si les Russes s'étaient mis en mesure de le prendre à revers, il eût hésité à conserver la position où il s'était établi et retranché pour risquer sa dernière bataille. Craignant d'être saisi entre deux feux, il se fût probablement rejeté sur sa droite ou sur sa gauche, en Bohême ou en Hongrie, laissant la France et la Russie se tendre la main en Moravie et se rencontrer en amies sur le champ de bataille d'Austerlitz: privée de sa dernière base d'opérations, coupée en son milieu, la monarchie autrichienne eût été réduite à capituler et à demander grâce. L'immobilité de Galitsyne se prolongeant, les Polonais étaient trop peu nombreux pour exécuter à eux seuls la diversion attendue; ils avaient pu envahir, soulever une province autrichienne, mais l'armée de Ferdinand, rappelée de Varsovie, suffisait maintenant à les arrêter, à les tenir loin du théâtre principal des opérations. Assuré de ses derrières, certain que les Russes n'arriveraient plus à temps pour tomber dans son dos, l'archiduc Charles put rester sur le Danube, attendre Napoléon en se couvrant de cette barrière et, dans d'immortels combats, disputer la victoire.

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