Note (retour) — ALEXANDRE Ier
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En apprenant la conduite de Gortchakof, Alexandre parut stupéfait; cela l'étonnait d'autant plus, disait-il, que «ce général était un de ceux--les rapports de la poste en faisaient foi--qui écrivaient à Moscou dans le meilleur esprit 120». Au reste, il ferait prompte et exemplaire justice, priverait le coupable de son commandement et le traduirait en conseil de guerre; mais il se montrait profondément surpris, blessé, de ce qu'on voulût conclure d'un tort particulier à une tendance générale, faire remonter au gouvernement russe tout entier la responsabilité d'une faute individuelle. Était-ce là cette confiance qui devait régner entre les alliés de Tilsit et d'Erfurt, présider à tous leurs rapports? Toutefois, si le Tsar s'exprimait avec chaleur, il écartait avec soin de son langage tout ce qui eût pu atteindre et froisser personnellement l'ambassadeur; loin de là, il laissait à ses reproches quelque chose d'onctueux et de caressant; tout en parlant, il se rapprochait de son interlocuteur avec une insistance émue, avec des gestes amicaux, comme s'il eût voulu, en le berçant de paroles flatteuses, en l'enveloppant de cajoleries, endormir sa vigilance; il termina l'entretien par une scène d'attendrissement. Si d'injustes soupçons, assurait-il, l'avaient frappé au cœur, il préférait tout de même que Caulaincourt les lui eût franchement exprimés; c'était sur ce ton qu'on lui devait parler; il aimait à s'expliquer de la sorte avec un homme qui possédait son estime et son affection. «En disant cela, ajoute l'ambassadeur, Sa Majesté daigna m'embrasser 121.»