Note (retour) — ALEXANDRE Ier
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Dans les jours qui avaient précédé la crise, Alexandre s'était résigné à masser, en face de la Galicie, une armée entière: quatre divisions au complet, plus une réserve d'infanterie et de cavalerie; le tout composait une force d'environ soixante mille hommes, sous le commandement du prince Serge Galitsyne 99. Caulaincourt avait vivement insisté pour que ce général reçût d'avance l'ordre d'entrer en Galicie dès que les Autrichiens auraient commencé leurs opérations dans le Nord et mis le pied sur le territoire varsovien. En prenant cette précaution, on ne perdrait point de temps, et l'action de nos alliés répondrait coup pour coup à celle de nos adversaires. À plusieurs reprises, Alexandre avait paru promettre vaguement ce qu'on sollicitait de lui. À la fin, pressé plus vivement, il dit à l'ambassadeur: «Le prince n'a pas l'ordre que vous demandez. Nos généraux ne sont pas des hommes auxquels on puisse se fier pour une détermination de cette nature. Ils se serviraient de cette latitude pour faire trop ou peut-être rien du tout. Je serai prévenu de Dresde ou de Berlin, et mon courrier partira immédiatement après que je saurai que les Autrichiens ont passé leur frontière.»--«Puis-je mander à l'Empereur, reprenait Caulaincourt, que l'armée marchera sur Olmütz?»--«Elle marchera dans la direction d'Olmütz 100», répondait alors le Tsar, usant d'une distinction subtile. Au reste, à l'entendre, cette armée était prête, munie de tous ses moyens, en état d'agir sous vingt-quatre heures.