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Napoléon et Alexandre Ier (2/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier

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Napoléon revenait donc à penser que l'explosion n'aurait pas lieu avant avril ou avant mai. La rupture se trouvant ajournée, ne saurait-on l'empêcher? En se hâtant, en unissant plus étroitement leurs efforts, peut-être la France et la Russie arriveraient-elles encore à temps pour imposer à l'Autriche une soumission qui dispenserait de la combattre. Mais les moyens préconisés jusqu'à ce jour, avis, remontrances communes, ne répondent plus aux besoins de la situation. Si Napoléon laisse expédier la note identique, dont le texte lui est enfin parvenu, il n'y voit plus qu'un palliatif insuffisant, surtout dans les termes où elle a été rédigée par Alexandre. Il veut plus, il veut une démarche solennelle, décisive, qui présentera au moins cet avantage de dissiper toute incertitude sur les dispositions de l'Autriche et de l'obliger à se dévoiler. Ce qu'il faut, c'est obtenir d'elle des garanties indispensables en échange de celles qui lui seront accordées, lui conférer d'une part des sûretés positives et lui signifier de l'autre des exigences formelles. L'Empereur fit à Roumiantsof la proposition suivante: Alexandre Ier offrirait à l'Autriche de lui garantir, par traité, l'intégrité de ses États contre la France; Napoléon prendrait avec elle le même engagement contre la Russie; en retour, l'Autriche serait invitée à désarmer, à révoquer ses mesures guerrières; elle pourrait le faire en toute sécurité, puisqu'elle trouverait dans la parole écrite des deux empereurs, dans celle surtout d'Alexandre, dont elle ne saurait suspecter la sincérité, une inviolable sauvegarde. Pour mieux la rassurer, Napoléon parlait même d'évacuer les territoires de la Confédération, de ramener toutes ses troupes en deçà du Rhin, sans vouloir toutefois s'en faire une obligation stricte, ni prendre à cet égard d'engagement avec personne 72.

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