Note (retour) — ALEXANDRE Ier
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Dans toutes ses conversations avec ce ministre, Napoléon resta fidèle au plan de séduction qu'il s'était fait vis-à-vis de lui; il ne l'accueillait qu'avec d'aimables paroles. Toutefois, sous les prévenances qui lui étaient personnelles, Roumiantsof découvrit vite un sentiment d'aigreur et d'amertume contre la cour alliée; il comprit que Napoléon rendait la Russie, elle aussi, responsable en partie de ses déboires. Que ne l'avait-on, disait l'Empereur, compris et suivi à Erfurt! Alors, tout eût pu être réparé ou prévenu: en parlant haut, en menaçant, la Russie eût aisément arrêté l'Autriche sur la pente où elle se laissait glisser. Alexandre n'avait pas su apprécier la situation, et son tort, à lui Napoléon, avait été de ne pas insister davantage pour que l'on adoptât ses vues. «Il se reprochait vivement et à Votre Majesté, écrivait Roumiantsof à Alexandre, de ce qu'à Erfurt on n'avait pas pris le parti d'exiger que l'Autriche désarmât 65.» Il dit un jour au comte: «Notre alliance finira par être honteuse, vous ne voulez rien et vous vous méfiez de moi 66.»