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Napoléon et Alexandre Ier (2/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier

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Son séjour à Paris lui avait inspiré plus d'admiration que de confiance; ayant tout examiné avec une curiosité attentive, ayant fréquenté le monde et les salons, où il avait fait goûter son esprit aimable et légèrement précieux, il avait démêlé le fort et le faible de l'établissement impérial. Très frappé des côtés de grandeur, de noblesse, d'utilité pratique que présentait le régime, il en avait trouvé tous les ressorts tendus à se rompre et avait compris que la France elle-même, sous cet appareil magnifique et rigide, commençait d'éprouver une sensation de gêne et d'étouffement. L'Empereur lui demandant un jour: «Comment trouvez-vous que je gouverne les Français?--Un peu trop sérieusement, Sire», avait-il répondu 64. Alarmé d'un despotisme qui pesait de plus en plus à tout le monde, redoutant chez Napoléon l'universel dominateur, il jugeait utile de le modérer, de le contenir, de lui tenir tête au besoin, mais sentait néanmoins la nécessité, pour conserver ses bonnes grâces, de le ménager extrêmement et de lui passer beaucoup. Au reste, le traitement qu'il recevait à Paris, les distinctions, les faveurs, les cadeaux dont il était comblé ne le trouvaient nullement insensible; son amour-propre flatté, sa vanité satisfaite, combattaient en lui, sans l'exclure, un parti pris de circonspection et de méfiance.

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