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Napoléon et Alexandre Ier (2/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 5)

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Je ne comprends rien à ce que le prince Kourakine a dit à Votre Excellence 667, j'y réponds par la lettre que j'ai reçue de lui par son courrier qui me fait penser que c'est un des mille on dit de Paris. Il y a deux ou trois mois qu'ils ont couru ici sous d'autres formes: on me disait rappelé, parce que nous étions au moment de nous brouiller avec la Russie. Ensuite on a écrit de Dresde et de Varsovie que c'était parce que l'Empereur était mécontent de moi. Ensuite on m'a fait aller à Vienne pour remplacer M. Otto. Pour faire cesser ces bruits qui accréditaient dans le moment les doutes de l'empereur Alexandre sur nos intentions, je me suis occupé d'arrangements à la campagne, j'ai parlé d'un voyage à la foire de Makarieff 668 à la fin de juillet; cela a eu le succès que je voulais, au point que l'Empereur m'a parlé de ce voyage et m'a proposé de me donner toutes les facilités pour qu'il fût rapide et aussi agréable que possible. Le comte de Romanzof m'a dit qu'il avait aussi le projet d'y faire une course en même temps; enfin le ministre d'Espagne, qui part dans peu de jours avec un congé de deux mois pour voyager dans l'intérieur, m'y a donné rendez-vous. Voilà les faits à Pétersbourg; si l'Empereur m'en donne la permission, je ferai cette course, dans le cas où les affaires le permettraient et où je n'obtiendrais pas la permission que je préférerais de revoir la France, au lieu de courir vingt jours pour visiter une foire d'Asie. Quant à Paris, je ne comprends rien à ces bavardages, et j'aurais laissé au prince Kourakine le soin et le plaisir de leur accorder assez d'importance pour en entretenir Votre Excellence, si elle n'avait pas émis avec lui un doute sur mes rapports avec elle, qui blesse ma délicatesse. Je ne marche pas par deux routes. Ma correspondance fait foi que je n'ai rien sur le cœur que je ne dise au ministre de Sa Majesté; à plus forte raison, je ne lui dissimulerais pas une demande officielle. Votre Excellence sait quel désir j'ai de revoir mon pays, combien de raisons m'y rappellent. Mes lettres contiennent à cet égard le seul vœu qu'il me soit permis d'émettre comme serviteur de l'Empereur. J'aurais pu faire valoir à l'appui ma santé, qui a beaucoup souffert du climat, mes intérêts, le dérangement de mes affaires que chaque jour accroît, et la perte que j'ai faite de mon père, si j'étais de ces gens qui se font valoir, si je n'avais pas, par devoir comme par principe, toujours mis de côté tout ce qui m'était personnel, quand il s'agit du service de mon maître. Sans doute, je ne cache pas à mes amis le désir que j'ai de les revoir, celui que je témoigne à cet égard, mais ce vœu se borne là, et je ne m'en suis jamais caché. Si l'intrigue s'en empare, je n'y suis pour rien. Votre Excellence a entre ses mains toutes mes demandes sur cela. Que l'Empereur me remplace, je serai le plus heureux des hommes; qu'il me laisse ici, quelque grand que soit le sacrifice, je ne me plaindrai pas s'il pense que je puis l'y servir honorablement et utilement. Vous savez, Monsieur le Duc, que ce ne sont pas les difficultés qui me rebutent. Voilà ce que je désire et ce que je pense. Je ne m'occupe que de mes devoirs et remplis le plus sacré de tous en rendant toujours un compte fidèle des événements...

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