Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)
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Avant de confier cette lettre au prince Alexis, il le reçut en audience de congé, l'entretint, l'entreprit à nouveau, tâcha de faire passer en lui la conviction que la France ne se mettrait jamais en campagne pour des motifs étrangers à sa lutte contre l'Angleterre. Ne désespérant point, malgré tout, de dissiper le fantôme qui s'était levé entre les deux empires, il s'offrait encore à tranquilliser Alexandre au sujet de la Pologne, pourvu qu'il n'en coûtât rien à son orgueil et à sa méfiante prudence. Ce qu'il eût préféré, c'eût été que la Russie renonçât à toute garantie et se résignât à le croire sur de simples paroles. Pourtant, désire-t-elle de lui l'assurance solennelle et écrite que le rétablissement de la Pologne n'entre point dans ses plans: il est prêt à livrer en ce sens une déclaration, à lui donner la plus large publicité. Il dit à Kourakine: «Que l'empereur Alexandre prenne la plume, qu'il rédige un article de journal, je l'insérerai tel quel au Moniteur 538.» Pour le cas où la Russie reprendrait l'affaire de la convention, il n'entendait point lui opposer une fin de non-recevoir absolue; constant à ne plus vouloir de traité, il ne renonçait pas à trouver autre chose, à découvrir un expédient à effet qui offrirait l'apparence d'une solution; même, paraît-il, il tenait en réserve, comme réponse à de nouvelles demandes, un coup de théâtre dont il ne confiait pas le secret à son ambassadeur: «L'Empereur vous engage à ne plus traiter cette affaire, écrivait Champagny au duc de Vicence, et à renvoyer ici les propositions nouvelles que l'on pourrait vous faire; si elle revient à l'Empereur, Sa Majesté se propose de lui donner une nouvelle face et de la traiter d'une manière grande et inattendue, mais son vœu serait toujours qu'il n'en fût plus question.» Cette réserve, qui marquait sa répugnance croissante à se lier par un engagement quelconque, n'impliquait pourtant pas en lui la pensée d'encourager chez les Polonais des revendications intempestives: il leur enjoignait de mettre une sourdine à leurs clameurs, réprimait le zèle inconsidéré de quelques-uns de ses aides de camp appartenant à cette nation, démentait les bruits répandus par eux, et ordonnait aux Varsoviens le calme, sans leur ôter l'espérance 539.