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Napoléon et Alexandre Ier (2/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)

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S'il menace et tonne d'une part, il s'essaye de l'autre à rassurer, à convaincre, à flatter même. Il explique ses violentes sorties par la force de son attachement: «C'est parce que l'Empereur est ferme et sincère dans l'alliance qu'il s'offense qu'on ne lui rende pas plus de justice.» À demi brouillé avec le cabinet de Russie, il persiste à se dire l'ami d'Alexandre, sur lequel il s'efforce de conserver un peu de son ascendant d'autrefois. Avec grand soin, il évite de mêler le nom du Tsar à d'irritants débats, comme si leurs relations devaient se tenir dans une sphère plus élevée et plus sereine, planer au-dessus des controverses de la politique courante. Lorsqu'il fait de Roumiantsof le point de mire de ses attaques, c'est avec intention; contre le ministre interposé au devant du maître, il peut s'escrimer à l'aise, sans qu'Alexandre éprouve de trop sensibles atteintes. S'il parle de ce monarque, c'est avec une recherche d'expressions caressantes: il s'applique surtout à garder le contact avec lui, à ne pas rompre la correspondance directe; il ne laissera point repartir Alexis Kourakine sans une lettre pour l'empereur russe, et ce lui sera une occasion, tout en renvoyant Alexandre aux paroles de vigueur que rapportera le prince, tout en ratifiant d'un mot jeté en passant ces âpres déclarations, de réitérer avec chaleur l'expression de ses sentiments: «Ceux que je porte à Votre Majesté, écrit-il, comme les considérations politiques de mon empire, me font désirer chaque jour davantage la continuation et la permanence de l'alliance que nous avons contractée. De mon côté, elle est à l'épreuve de tout changement et de tout événement. J'ai parlé franchement au prince Kourakine de plusieurs questions de détail. Mais je prie Votre Majesté de lui accorder surtout confiance lorsqu'il lui parlera de mon amitié pour elle et de mon désir de voir éternelle l'alliance qui nous lie 537.»

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