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Napoléon et Alexandre Ier (2/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)

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Un jour donc qu'Alexis Kourakine est venu lui faire sa cour, à Saint-Cloud, il le saisit, le retient, entame une longue conversation ou plutôt un fougueux monologue. Très vivement, il prend à partie le gouvernement russe et en particulier Roumiantsof: on sent qu'il a toujours présentes à l'esprit, toujours sur le cœur, les doléances antérieures de ce ministre et ses insinuations récentes. Il ne conçoit rien, dit-il, à ces plaintes journalières, aussi ridicules par leur objet qu'injustes par l'esprit qui les dicte. L'ambassadeur de France en Russie n'eût jamais dû les laisser passer: c'est son tort que de n'avoir point arrêté le chancelier dès les premiers mots et d'avoir souffert ce ton. «M. de Caulaincourt ne vous fait que des compliments, dit l'Empereur, et cela gâte M. de Romanzof 535.» Quant à lui, il ne supportera plus ces observations malséantes; elles supposent une supériorité qu'il ne reconnaît à personne. La Russie oublie apparemment la situation où elle se trouvait à l'époque de Tilsit, de quel abîme l'a tirée la générosité du vainqueur, par quelles promesses elle s'est rachetée. Médite-t-elle aujourd'hui de renier ses engagements? l'Empereur serait induit à le supposer, en la voyant se créer comme à plaisir des prétextes de mécontentement et de querelle.

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