Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)
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En ce moment, il se trouvait avoir un Russe à sa portée. Ce n'était point l'ambassadeur en titre, toujours malade, imparfaitement remis de son horrible accident: sans reparaître à la cour, Kourakine était allé achever sa convalescence à la campagne, au château de Clichy, où il s'était fait transporter solennellement, dans un appareil bien propre à ridiculiser son infortune 534. Mais son frère, le prince Alexis Kourakine, chargé de porter le compliment du Tsar à l'occasion du mariage, n'avait pas encore reçu congé. Il semblait, à la vérité, uniquement occupé à jouir de Paris, à y prolonger un séjour d'agrément et de curiosité, et ne s'était point donné pour but, imitant la conduite d'un autre envoyé extraordinaire, prenant modèle sur Metternich, de faire servir une mission d'apparat à l'avancement des affaires. Il vivait en voyageur, ne menait aucun train, n'avait point su se créer des relations utiles, fréquentait un monde interlope. Les rapports de police parlaient beaucoup de lui, racontaient en détail ses promenades nocturnes au Palais-Royal, ses étonnements un peu naïfs au milieu des plaisirs et des corruptions de Paris, et ne donnaient pas une haute idée de ses goûts et de ses talents. N'importe! puisque Napoléon dispose de ce personnage, il se servira de lui pour faire passer à Pétersbourg des paroles qui pourront arrêter l'empereur Alexandre sur la pente où il glisse et qui constitueront un plus impérieux rappel aux devoirs de l'alliance.