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Napoléon et Alexandre Ier (2/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)

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En apparence, rien n'était changé dans ses relations avec notre ambassadeur; c'était toujours la même facilité d'abord, la même affabilité, le même ton de familiarité cordiale. Le duc de Vicence conservait à la cour toutes ses prérogatives; il suivait l'Empereur à toutes les revues, à toutes les manœuvres, dînait régulièrement au palais: donnait-il un bal, Leurs Majestés Russes affectaient de s'y montrer et «d'animer la fête par leur présence 486». Ses conversations avec Alexandre étaient aussi fréquentes, aussi prolongées, aussi amicales que par le passé; ce qui faisait la différence c'était qu'elles roulaient désormais sur des objets étrangers à la politique. À la parade du dimanche, Alexandre parlait exclusivement de questions militaires: il signalait avec quelque complaisance les progrès accomplis par son armée, depuis qu'il l'avait mise à notre école; il montrait ses soldats affranchis de la «raideur allemande»; il avait assoupli ces automates, disait-il, et leur avait donné l'allure leste et dégagée de nos Français; il s'applaudissait d'en avoir fini avec «la gêne inutile des anciens principes prussiens», d'avoir suivi en tout nos exemples, et ajoutait, avec une courtoisie peu sincère, «que les troupes françaises et russes qui seraient réunies pourraient dès le premier moment manœuvrer ensemble sans qu'on s'aperçût dans la ligne et dans l'exécution des manœuvres de la moindre différence 487». Dans son cabinet, il parlait volontiers au duc de ce qui se passait à la cour et dans le monde, des intrigues, des scandales; il touchait mot de ses chagrins intimes, de la douleur que lui avait causée une rupture définitive avec madame Narischkine; il affectait de distinguer en Caulaincourt l'ami privé, qui avait toute sa confiance, de l'homme public, du ministre étranger, et chaque jour la nuance devenait plus sensible. Caulaincourt essayait-il de rompre la glace, de revenir sur les circonstances qui devaient excuser nos retards, un sourire, un geste laissait voir que son interlocuteur n'était point dupe de telles raisons, et aussitôt Alexandre changeait de sujet. Dans la correspondance de l'ambassadeur, le compte rendu de ses audiences, si nourri, si substantiel jadis, se réduisait invariablement à quelques phrases dans ce genre:--25 avril. «Sa Majesté me fit l'honneur de causer longtemps avec moi, mais point d'affaires politiques; elle me parla seulement de choses de société.»--13 juillet: «Le 12, j'ai encore eu l'honneur de voir Sa Majesté aux grandes manœuvres de la garnison. Elle daigna m'accueillir avec sa bienveillance et sa bonté accoutumées, mais ne me parla pas d'affaires 488.»

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