Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)
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Dès le commencement de juillet, le vieux prince de Metternich s'ouvrit à notre ambassadeur: signalant avec amertume les progrès de la Russie, il concluait de là à l'avantage «d'un concert entre la France et l'Autriche pour mettre un terme aux empiétements de cette puissance barbare qui pesait sur toute l'Europe et menaçait de la subjuguer 507». Les jours suivants, M. Otto n'entendit que déclamations sur le péril moscovite, «sur cet esprit de conquête qui, depuis la Laponie jusqu'à la mer Égée, menaçait de tout engloutir 508». Il s'agissait à toute force de dégoûter Napoléon de la Russie, de détruire ce reste d'alliance qui rendait «la position de l'Autriche extrêmement gênante», de l'aveu même de ses ministres. La Russie, disait le prince de Metternich, ne serait jamais pour nous une amie sincère; chez elle, «quelles que puissent être les dispositions personnelles de l'empereur Alexandre, les hommes les plus influents favoriseraient toujours l'Angleterre 509». Pour lever le masque, elle n'attend que d'avoir terminé sa guerre avec les Turcs et mis hors de combat ces alliés traditionnels de la France. Comme preuve de cette intention, des agents officiels ou officieux viennent nous signaler la «conduite louche» du cabinet de Pétersbourg et son jeu en partie double, l'opposition qui existe entre ses déclarations publiques et les manœuvres secrètes de ses agents: ils vont jusqu'à dénoncer «l'allure étrange de M. d'Alopéus, qui paraît avoir été envoyé plutôt par le roi Georges que par l'empereur Alexandre 510». Ces intrigues, ajoutent-ils, troublent la société de Vienne et minent le crédit du parti français; le ministère actuel est animé des meilleures dispositions, mais pourra-t-il se soutenir contre la poussée des éléments hostiles, si la France ne lui permet de s'étayer d'elle? L'occasion est unique pour s'emparer définitivement de l'Autriche et fixer ses principes; mais que l'empereur Napoléon se hâte de la saisir, sans quoi on ne répond plus de rien: «Tout ceci tient à un fil, disait le prince de Metternich; il faudrait bien peu de chose pour le rompre 511.» En même temps, les flatteries personnelles à l'adresse de Napoléon redoublaient, et l'empereur François ne s'y épargnait point, avec son habituelle bonhomie. Il s'émut, s'attendrit, à la nouvelle que Marie-Louise allait le rendre grand-père: parlant du futur roi de Rome, il prononça ces mots qu'il devait trop oublier: «Cet enfant trouvera toujours en moi les sentiments d'un père 512.»