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Napoléon et Alexandre Ier (2/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)

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La sûreté désirée, il fallait la chercher dans l'ensemble de ses actes, dans une saine appréciation de son caractère; c'était mal le connaître que de lui supposer la passion de toujours entreprendre et guerroyer, à la manière des conquérants classiques; il avait un but, qui était de forcer l'Angleterre à la paix, et ne s'en détournerait jamais pour courir au loin de romanesques aventures; qu'aurait-il à faire de s'enfoncer dans les glaces de la Pologne, dans les plaines de l'Ukraine? «Ce serait une ambition d'Alexandre, qui n'était point du tout dans son genre; la guerre qui lui tenait à cœur était celle des mers; tous ses vœux tendaient à former une marine imposante. Sa Majesté Russe pouvait donc être tranquille, tourner en toute sécurité ses forces contre les Turcs et s'épargner de grandes dépenses en contremandant de nouvelles levées inutiles; de son côté, il n'avait point appelé la conscription cette année.» Qu'avait-il de troupes en Allemagne? Les soixante bataillons du maréchal Davoust. Est-ce avec soixante bataillons qu'on fait la guerre à la Russie? S'il avait rapproché ces troupes du Nord et les avait placées entre Hanovre et Hambourg, c'était à seule fin de surveiller le Weser et l'Elbe. Au reste, il convint que les Polonais élevaient des retranchements en avant de Varsovie, et ce fut lui qui parla le premier de ces travaux. Mais les Russes n'avaient-ils point donné l'exemple par l'activité avec laquelle ils se fortifiaient derrière leur frontière? Il n'avait rien à y redire, chacun étant maître chez soi; seulement, il trouvait naturel que les Varsoviens, puisque leurs voisins se mettaient en mesure, en fissent autant sur leur territoire; il ne les empêcherait point de se tenir sur leurs gardes, mais ne les prendrait jamais pour arme d'offensive, et ses discours à Tchernitchef furent la paraphrase de ces mots qu'il faisait transmettre en même temps à Pétersbourg par le duc de Vicence: «Je ne nie point que la Suède et la Pologne ne soient des moyens contre la Russie en cas de guerre, mais cette guerre n'arrivera jamais par mon fait 631.»

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