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Napoléon et Alexandre Ier (2/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)

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À l'instant où les deux empereurs, avec un surcroît d'activité discrète, avisaient éventuellement aux moyens de se nuire, Alexandre Ier disait à un diplomate connu pour son attachement à la France, M. de Bray, ministre de Bavière: «J'aime l'empereur Napoléon comme mon frère, je pense lui avoir inspiré les mêmes sentiments, et l'on doit compter sur un accord constant entre nos cabinets 611.» De son côté, Napoléon défendait rigoureusement à ses agents diplomatiques toute démarche, toute parole de nature «à inspirer le moindre doute sur l'étroite amitié qui l'unissait à la Russie 612». De part et d'autre, c'était une attention égale et soutenue à maintenir les dehors de l'intimité et de la confiance. Depuis qu'Alexandre et Napoléon avaient renoncé à toucher mot de ce qui les divisait, aucune parole un peu vive n'avait retenti entre eux; même, ils avaient encore l'un pour l'autre des regards caressants et des sourires. Le premier affectait de se rappeler au souvenir de son allié par des prévenances et des présents; il choisissait, parmi les chevaux de ses écuries, les plus fins et les plus rapides pour les envoyer à l'Empereur. À Paris, les représentants du Tsar étaient mieux traités que tous autres, et si Napoléon faisait parfois exception à cette règle au profit des Autrichiens, il s'en excusait bien vite en Russie et exprimait le regret que Kourakine, perpétuellement empêché, ne fût point en état de recevoir les mêmes marques de bienveillance et de faveur. «Dites-lui, écrivait-il à Champagny, que je n'ai pu lui donner, comme je l'aurais désiré, les preuves de ces sentiments, parce qu'il a toujours été malade; que si j'ai invité le prince de Schwartzenberg à la chasse à différentes reprises, c'était par suite des circonstances du mariage d'abord, et puis parce qu'étant militaire, cela l'amuse beaucoup 613.» Et il ajoutait: «Vous chargerez le duc de Vicence de déclarer que je suis ferme dans l'alliance de la Russie et décidé à marcher dans la même direction.»

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