Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)
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À la nouvelle des événements, Napoléon manifesta une surprise et un déplaisir qui n'étaient pas entièrement simulés. Il pensa aussitôt à la Russie, à l'émoi qu'y occasionneraient l'élection et les circonstances qui l'avaient accompagnée; son premier mouvement, s'il faut en croire certains témoignages, fut de tenir pour non avenu un résultat vicié par la fraude: il eût défendu à Bernadotte de se rendre au vœu de la diète et l'eût retenu en France 591. Il eut le tort de ne point persévérer dans cette intention et craignit, s'il repoussait la Suède qui semblait se jeter dans ses bras, de l'éloigner à jamais et de la rendre à nos ennemis. Il permit donc à Bernadotte d'accepter, composa ses traits pour le recevoir, lui fit un accueil plein de grandeur et de bonté, et le laissa partir comblé des marques de sa munificence, après avoir obtenu de lui la promesse formelle de rompre avec l'Angleterre et d'entraîner la Suède dans le système continental. Dès à présent, il songeait à l'effet de stupeur que produirait à Londres le succès inattendu du maréchal; il espérait que l'Angleterre en éprouverait une surprise douloureuse, peut-être accablante, et cette idée le consolait de tout, en réjouissant ses haines; il prononça devant Metternich une phrase qui éclaire sa conduite: «Dans tous les cas, dit-il, je n'ai pu me refuser à la chose, parce qu'un maréchal français sur le trône de Gustave-Adolphe 592.»