Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)
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Cinq jours après cette conversation, le conseil des ministres, muni de l'autorisation royale, présentait officiellement Bernadotte, et le 21 août les quatre ordres de la diète l'élisaient, persuadés qu'ils obéissaient à une consigne venue des Tuileries et qu'ils votaient pour le candidat de l'Empereur. Ainsi, compromis et découvert par une série de maladresses et d'intrigues, Napoléon portait la peine d'une politique qui s'était faite à dessein obscure et voilée, qui avait négligé systématiquement de s'affirmer. Un mot de lui, prononcé au début, eût tout empêché, la faute de Desaugiers, l'envoi imprudent de Fournier, les manœuvres décisives de ce «courrier magicien 590». Au lieu d'arrêter par cette parole salutaire l'entreprise naissante de Bernadotte, Napoléon avait préféré la laisser se poursuivre et courir sa chance; il s'était réservé d'en tirer profit, tout en se défendant et en s'abstenant réellement d'y participer; mais personne n'avait cru à cette abnégation surprenante, à cet effacement d'une volonté que l'Europe s'était habituée à chercher et à trouver partout, à sentir perpétuellement agissante. Comme l'Empereur n'avait point parlé, chacun s'était arrogé le droit de parler pour lui; finalement, un personnage infime et décrié lui avait prêté le mot qui avait départagé la Suède, et son nom, audacieusement usurpé, avait fait l'élection.