Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)
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Son premier effort s'employa contre Bernadotte, dont la candidature prenait décidément consistance. Par son côté à la fois démocratique et militaire, elle plaisait aux masses, dont elle enflammait le patriotisme; elle était acclamée dans les réunions populaires et «les cabarets 584»; mais le Roi, la cour, «le grand monde 585» conservaient les plus fortes préventions contre le soldat de fortune et ne lui pardonnaient point ses antécédents révolutionnaires. Pour le mettre en échec, le gouvernement feignit de se rallier au choix de Frédéric VI. Ce prince, que sa qualité de Danois rendait antipathique à la plus grande partie de la nation, disposait pourtant dans la diète de nombreux moyens d'influence; en peu de jours, avec l'appui du pouvoir, sa chance fit de tels progrès que les partisans de Bernadotte, se sentant distancés, crurent devoir s'effacer et renoncer à la lutte. Rassuré de ce côté, le gouvernement changea immédiatement ses batteries: la candidature danoise n'avait été entre ses mains qu'une arme destinée à battre en brèche le crédit de Bernadotte; cet effet obtenu, il se mit à détruire l'œuvre qu'il avait lui-même édifiée. Il ne lui fut pas difficile, en réveillant les souvenirs détestés qu'avaient laissés dans le pays la domination danoise au seizième siècle et l'union de Calmar, de provoquer contre Frédéric VI un mouvement d'opinion assez fort pour rendre son succès impossible. Le Danois se trouvant évincé, après avoir lui-même mis le Français hors de cause, la candidature Augustenbourg, repoussée depuis quelque temps à l'arrière-plan, reparaissait au premier et restait seule en ligne sur le terrain déblayé; c'était à ce résultat que le parti de la cour voulait finalement en venir. Aussitôt il démasque ses intentions, fait donner ses réserves. Le général Adlersparre est appelé à Œrebrö: c'est un vétéran des luttes électorales, «un homme habitué à manier les esprits et à maîtriser les suffrages 586». Sous son impulsion, le comité formé dans le sein de la diète afin de préparer les décisions de l'assemblée et de lui présenter un candidat, se prononce pour le prince d'Augustenbourg par onze voix contre une seule, demeurée fidèle à Bernadotte. Le succès du compétiteur recommandé par la cour semble assuré, le dénouement préjugé et acquis, lorsque, à la dernière heure, un bruit s'élève, se répand, se propage comme une traînée de poudre: chacun se répète que Napoléon a parlé, qu'il désire, qu'il veut Bernadotte, et qu'il le désigne aux suffrages de la Suède.