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Napoléon et Alexandre Ier (2/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)

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Lorsque Desaugiers se permettait ce langage, il lui eût été difficile de prendre plus complètement le contre-pied des intentions actuelles de l'Empereur. Avant tout, Napoléon tenait à ménager les Russes, au moins dans la forme; c'était dans ce but qu'il s'abstenait de soutenir Bernadotte. D'autre part, il n'entendait pas nuire au maréchal et favoriser ses concurrents. Or, voici que notre chargé d'affaires, par la plus malencontreuse des inspirations, s'avisait de proposer une candidature autre que celle de Bernadotte, et de l'appuyer par des motifs blessants et injurieux pour la Russie. Cette double méprise explique le courroux de l'Empereur quand il lut la dépêche par laquelle Desaugiers rendait compte fort innocemment de ses imprudentes déclarations. D'une phrase tonnante, il foudroya l'infortuné chargé d'affaires: «Monsieur le duc de Cadore, écrivit-il à Champagny le 25 juillet, je ne puis vous exprimer à quel point je suis indigné de la lettre du sieur Desaugiers: je ne sais par quelles instructions cet envoyé a pu se croire autorisé à tenir des propos si extravagants. Mon intention est que vous le rappeliez sur-le-champ 580.» Et la réprimande s'étendit jusqu'au ministre, coupable d'avoir laissé Desaugiers sans direction, de l'avoir abandonné aux égarements de son imagination, au lieu de lui prescrire impérativement le silence.

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