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Napoléon et Alexandre Ier (2/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)

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À la vérité, ces avantages divers risquaient de rencontrer dans la personne même du maréchal à élire, du prince de Ponte-Corvo, de très sérieux obstacles. Napoléon connaissait Bernadotte de trop longue date pour faire fond sur son caractère et sa fidélité; il prisait ses qualités militaires, sans l'avoir jamais aimé: en lui, il n'avait trouvé à aucune époque cet élan de cœur, ce dévouement passionné qu'il reconnaissait et appréciait chez d'autres maréchaux; il lui reprochait une arrière-pensée personnelle qui s'était manifestée en beaucoup de circonstances, un esprit raisonneur et peu maniable, un tempérament porté à l'opposition, toutes choses qu'il comprenait sous le terme générique de «jacobinisme». Après avoir comblé Bernadotte de faveurs et d'argent, sans se l'attacher, il avait dû réprimer plus d'une fois ses écarts, et il le tenait depuis Wagram dans une demi-disgrâce qui n'était point pour apaiser les sourdes rancunes du maréchal. Il était donc fort possible que celui-ci ne se fît pas l'agent docile de nos volontés, et même Napoléon mettait en lui si peu de confiance qu'il songea un instant à un autre candidat français, qu'il pensa à proposer le prince Eugène aux Suédois qui lui demandaient Bernadotte. Eugène s'étant récusé et ne voulant point changer de religion,--condition indispensable pour régner à Stockholm,--il fallut revenir au prince de Ponte-Corvo, qui n'éprouvait à aucun degré les mêmes scrupules 573.

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