Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)
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Il fallait maintenant procéder à l'élection d'un nouveau prince royal, rassembler à cet effet les États, convoquer une diète, c'est-à-dire rouvrir une scène de compétitions et de désordres. Au milieu de son désarroi, le gouvernement s'avisa que la Providence lui avait ménagé un moyen d'abréger et de simplifier la crise. Le prince qu'il pleurait avait un frère; en appelant ce jeune homme à remplacer le défunt, en dirigeant sur lui les suffrages de la diète, en se bornant à une substitution de personne dans la même famille, on couperait court à la lutte des intrigues qui de toutes parts se mettaient en mouvement. Le Roi et son conseil, il est vrai, n'admettaient ce parti que sous une réserve essentielle. Dans son surcroît d'infortune, la Suède sentait mieux le besoin de reconquérir les bonnes grâces de Napoléon, d'aller à lui et de forcer sa protection. N'intéresserait-elle point l'Empereur à son sort en lui demandant de le fixer, d'approuver et de ratifier par avance le choix du futur souverain? Apaisé par cet acte d'obédience et d'hommage, satisfait de voir la Suède se livrer politiquement à ses inspirations, Napoléon consentirait peut-être à adoucir ses exigences économiques, à prendre en considération les intérêts et les souffrances d'un peuple qui voulait être à lui, ne demandant qu'un peu de patience et de ménagement. Dominé par cet espoir, le gouvernement ajourna toute décision définitive jusqu'à ce qu'il eût reçu de Paris un conseil ou plutôt une direction. Le 2 juin, tandis que le cabinet souscrivait en principe à toutes les demandes de la note française, le Roi écrivit à l'Empereur une lettre éplorée; il insistait sur les malheurs qui accablaient sa vieillesse, indiquait ses préférences, faisait allusion au second prince d'Augustenbourg, et demandait à Napoléon, en termes suffisamment explicites, d'agréer ce candidat et de lui donner l'investiture 566.