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Napoléon et Alexandre Ier (2/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)

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Exclu de la Hollande, contrarié sur la mer du Nord, le commerce anglais, sous pavillon neutre, se reporte et reflue dans la Baltique: c'est là qu'il faut désormais le rejoindre et le pourchasser. Tandis que l'ennemi continue par mer son mouvement ascensionnel vers le Nord, Napoléon le suit sur le rivage, afin de lui fermer ses issues. En juillet, il enjoint au Danemark, à la Prusse, au Mecklembourg, de repousser tous les bâtiments chargés d'articles coloniaux 562. Bientôt après, par ses décrets du 5 août et du 11 septembre 1810, qu'il fait adopter à tous les États allemands, il frappe ces denrées du droit énorme de cinquante pour cent. En principe, la taxe n'est applicable qu'aux marchandises capturées en mer, toutes autres demeurant prohibées; en fait, elle doit s'appliquer aux articles introduits par tolérance, sans que le vice de leur origine puisse être clairement démontré. Ce régime a pour but d'enrichir le fisc aux dépens de la contrebande; c'est aussi un moyen de rejoindre dans l'intérieur des terres les marchandises qui ont forcé les lignes d'investissement, celles qui se sont amassées sur le continent, de n'en permettre la circulation et le débit qu'à des prix ruineux pour l'Angleterre 563. Napoléon exige désormais qu'en Allemagne et en Suisse toutes les places de commerce soient visitées, tous les magasins forcés et fouillés, toutes les marchandises saisies ou exercées en masse. Après avoir soumis ses sujets à une fiscalité sans exemple, il la propose et l'impose comme modèle aux États feudataires. Son autorité se multiplie sous les formes les plus vexatoires autour des peuples qu'elle s'est soumis, les environne de clôtures, comprime leurs mouvements, les tient dans un réseau étouffant de prescriptions et de défenses, et sous le poids de cette machine qui l'oppresse, l'Europe manque d'air, halète et ne respire plus.

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